Vendre un bien plus cher qu’on ne l’a acheté génère une plus-value, qui peut être imposée. La question revient à chaque projet de vente, surtout pour une résidence secondaire ou un investissement locatif. Heureusement, la fiscalité prévoit des abattements et plusieurs cas d’exonération qui réduisent, voire annulent, la note. Voici comment se calcule la plus-value immobilière et dans quels cas elle échappe à l’impôt.
Comment se calcule la plus-value
La plus-value brute correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition. Le calcul ne s’arrête pas là : l’administration permet de majorer le prix d’achat de certains frais, ce qui réduit mécaniquement la plus-value imposable.
- Les frais d’acquisition (frais de notaire, droits de mutation) peuvent être ajoutés pour leur montant réel ou par un forfait de 7,5 % du prix d’achat.
- Les travaux réalisés (sous conditions) s’ajoutent pour leur montant réel justifié ou par un forfait de 15 % du prix d’achat si le bien est détenu depuis plus de cinq ans.

Taux d’imposition et abattements pour durée de détention
Selon l’administration fiscale, la plus-value nette est soumise à l’impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 19 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Mais plus on conserve longtemps le bien, plus la part imposable diminue, grâce à un abattement progressif qui s’applique au-delà de la cinquième année de détention.
| Durée de détention | Exonération acquise |
|---|---|
| 22 ans | Exonération totale d’impôt sur le revenu (19 %) |
| 30 ans | Exonération totale des prélèvements sociaux (17,2 %) |
L’abattement au titre de l’impôt sur le revenu est de 6 % par an de la sixième à la vingt-et-unième année, puis 4 % la vingt-deuxième. Pour les prélèvements sociaux, le rythme est plus lent (1,65 % par an, puis 9 % par an au-delà de la vingt-deuxième année), d’où l’exonération totale repoussée à trente ans.
Les principaux cas d’exonération
Le cas le plus connu est celui de la résidence principale : sa vente est totalement exonérée de plus-value, quelle que soit la durée de détention. D’autres situations ouvrent droit à une exonération, sous conditions précises.
- La vente de la résidence principale au moment de la cession.
- La première cession d’un logement autre que la résidence principale, lorsque le vendeur remploie le prix pour acquérir sa résidence principale, sous conditions.
- Les cessions dont le prix n’excède pas 15 000 €, ou certaines situations liées à l’âge ou au handicap du vendeur.
Cette vidéo détaille le calcul et l’imposition de la plus-value, utile pour visualiser l’enchaînement des étapes.
Le calcul exact dépend de nombreux paramètres : nature du bien, justificatifs de travaux, situation personnelle. Le notaire chargé de la vente établit la déclaration et reverse l’impôt dû, ce qui en fait l’interlocuteur idéal pour anticiper le montant. Pensez aussi à rassembler en amont les diagnostics obligatoires et, si le bien est détenu à plusieurs, à clarifier les règles de l’indivision avant de signer. Les frais de notaire payés à l’achat jouent d’ailleurs en votre faveur dans le calcul de la plus-value.



