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Acheter sur plan (VEFA)

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Signer pour un logement qui n’existe pas encore, sur la foi d’un plan et d’une perspective en trois dimensions, a de quoi inquiéter. C’est pourtant le mode d’acquisition de la grande majorité des logements neufs en France. Acheter sur plan en VEFA, c’est-à-dire en vente en l’état futur d’achèvement, obéit à un régime protecteur défini par le code de la construction et de l’habitation : le prix est payé au fur et à mesure de l’avancement, un garant extérieur assure l’achèvement de l’immeuble, et une série de garanties couvre l’acquéreur pendant dix ans après la livraison. Encore faut-il connaître ces mécanismes pour s’en servir.

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En VEFA, l’acquéreur devient propriétaire au fur et à mesure de la construction.

Ce qu’est juridiquement la VEFA

La vente en l’état futur d’achèvement est le contrat par lequel le vendeur transfère immédiatement à l’acquéreur ses droits sur le sol ainsi que la propriété des constructions existantes, la propriété des ouvrages à venir étant acquise au fur et à mesure de leur exécution. L’acquéreur devient donc propriétaire progressivement, ce qui explique l’échelonnement des paiements. Le vendeur, lui, conserve les pouvoirs de maître d’ouvrage jusqu’à la réception des travaux : c’est lui qui pilote le chantier et réceptionne l’ouvrage auprès des entreprises.

Le parcours se déroule en deux temps. Le contrat de réservation, d’abord, réserve le lot et fixe les caractéristiques essentielles du logement ainsi qu’un prix prévisionnel. L’acte de vente authentique, ensuite, signé chez le notaire une fois les conditions réunies, formalise le transfert. Entre les deux s’écoulent généralement plusieurs mois.

Le contrat de réservation et le dépôt de garantie

Le contrat de réservation n’est pas un simple engagement moral, mais il n’a pas non plus la force d’une vente. Il doit décrire le logement, sa surface, sa situation dans l’immeuble, les prestations prévues, le prix prévisionnel et le délai d’exécution des travaux. Le promoteur peut demander un dépôt de garantie, dont le montant est plafonné par l’article R. 261-28 du code de la construction et de l’habitation.

  • 5 % maximum du prix prévisionnel si la vente doit être conclue dans un délai n’excédant pas un an.
  • 2 % maximum si ce délai n’excède pas deux ans.
  • Aucun dépôt ne peut être exigé si le délai excède deux ans.
  • Le dépôt est versé sur un compte spécial ouvert au nom du réservataire, chez un notaire, dans une banque ou un établissement habilité.

L’acquéreur non professionnel bénéficie par ailleurs d’un droit de rétractation de dix jours, fondé sur l’article L. 271-1 du code de la construction et de l’habitation. Ce délai court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant le contrat. Pendant cette période, il peut se rétracter sans motif ni pénalité, et le dépôt de garantie doit lui être restitué.

Les appels de fonds : un calendrier strictement encadré

C’est l’une des protections les plus concrètes du régime. Le promoteur ne peut pas réclamer l’argent quand il veut : l’article R. 261-14 du code de la construction et de l’habitation plafonne les sommes exigibles en fonction de l’avancement effectif du chantier.

Stade d’avancementCumul maximum exigible
Achèvement des fondations35 % du prix
Mise hors d’eau70 % du prix
Achèvement de l’immeuble95 % du prix
Livraison (remise des clés)100 % du prix
Plafonds légaux des appels de fonds en VEFA (article R. 261-14 du CCH). Le dépassement de ces limites est pénalement sanctionné.

Ces pourcentages sont des maximums cumulés, et non des tranches à verser mécaniquement. Un appel de fonds n’est dû que si le stade correspondant est réellement atteint, ce que l’acquéreur peut faire vérifier. En cas de doute sérieux, il est possible de contester l’appel et de solliciter une attestation d’avancement établie par l’architecte ou le maître d’œuvre. Le solde de 5 % ne doit être versé qu’à la livraison, et il peut être consigné si des réserves sont émises.

La garantie financière d’achèvement

Que se passe-t-il si le promoteur fait faillite en cours de chantier ? C’est précisément la question à laquelle répond la garantie financière d’achèvement (GFA). Le vendeur doit obligatoirement fournir à l’acquéreur, avant la vente, une garantie d’achèvement ou, à défaut, une garantie de remboursement. Depuis le 1er janvier 2015, la garantie d’achèvement doit être extrinsèque : un tiers garant, banque ou assureur, s’engage à débloquer les fonds nécessaires pour mener la construction à son terme, indépendamment de la situation financière du promoteur. C’est une clause à vérifier systématiquement dans l’acte notarié, en identifiant nommément l’établissement garant.

La livraison et les garanties après réception

Le jour de la livraison, l’acquéreur visite le logement en présence du promoteur et signe un procès-verbal. C’est le moment décisif : tous les défauts apparents doivent être consignés en réserves sur ce document. L’acquéreur dispose ensuite d’un délai pour dénoncer d’éventuels vices apparents non relevés le jour même, et il peut consigner le solde du prix tant que les réserves ne sont pas levées. Prendre le temps de visiter avec un professionnel, mètre en main, est un investissement rentable.

Trois garanties légales se déploient ensuite. La garantie de parfait achèvement oblige le promoteur à reprendre, pendant un an à compter de la réception, l’ensemble des désordres signalés, y compris les réserves. La garantie biennale, dite de bon fonctionnement, couvre pendant deux ans les éléments d’équipement dissociables du bâti : volets roulants, robinetterie, chaudière, interphone. La garantie décennale, enfin, couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ; elle se transmet aux acquéreurs successifs. Elle est doublée d’une assurance dommages-ouvrage, souscrite obligatoirement par le promoteur, qui permet un préfinancement rapide des réparations sans attendre la recherche de responsabilité.

Ce régime protecteur est propre au neuf. Dans l’ancien, l’acquéreur ne dispose pas de ces garanties et doit se tourner vers un tout autre mécanisme, celui que nous détaillons dans notre article sur les recours contre les défauts cachés d’un logement ancien. Autre différence, le logement neuf répond aux normes énergétiques les plus récentes, ce qui dispense de la plupart des travaux couverts par les dispositifs d’aide à la rénovation.

Un dernier réflexe avant de signer : vérifier le contexte urbanistique du programme. Une résidence peut être livrée conforme et voir surgir, deux ans plus tard, un immeuble devant ses fenêtres, si le règlement du secteur l’autorise. La consultation du document d’urbanisme, dont nous expliquons le fonctionnement dans notre article sur le document d’urbanisme communal, complète utilement l’analyse du contrat. Pour les points juridiques délicats, le notaire chargé de la vente et l’ADIL de votre département restent les interlocuteurs de référence.

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